Le patron de GTA 6 dit tout haut ce que l’industrie ne veut pas entendre sur l’IA

L’IA envahit le jeu vidéo, mais les grands noms du secteur rappellent que sans créativité humaine, pas de véritables chefs-d'œuvre.

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© Rockstar Games
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À la Game Developers Conference de San Francisco, l’intelligence artificielle n’était pas un sujet parmi d’autres. C’était l’air que tout le monde respirait. Nvidia en a fait son mantra. Même Ark: Survival Ascended a dévoilé une bande-annonce générée par IA — un trailer froid, impersonnel, et surtout… sans personne pour en assumer la paternité. Symbole parfait d’un outil puissant, mais déconnecté de l’émotion.

Sur le salon, certains développeurs ne cachaient pas leur enthousiasme pour les promesses de cette technologie. Moins de coûts, plus de vitesse, des contenus générés à la volée… Mais pour ceux dont le travail est fondé sur la création, le message est clair : l’IA avance sur un territoire fragile. Celui où l’humain est encore — pour combien de temps ? — irremplaçable.

Nintendo et Take-Two : des voix fortes contre l’automatisation créative

Heureusement, tous les leaders du secteur ne sont pas hypnotisés par le mirage. Interrogé sur la place de l’IA dans l’avenir de Nintendo, Shuntaro Furukawa a rappelé ce qui fait l’ADN de la firme : des décennies de savoir-faire ludique, impossible à reproduire avec une machine :

« Nous espérons continuer à offrir une valeur qui nous est propre, et qui ne peut être atteinte uniquement par la technologie »

De son côté, Strauss Zelnick, PDG de Take-Two, maison mère de Rockstar Games a livré une analyse plus frontale encore :

« L’IA regarde en arrière. Les grands succès regardent en avant. »

Pour lui, l’innovation n’est pas une affaire de données, mais d’intuition, de risques, d’une vision capable de devancer les attentes. L’IA, aussi sophistiquée soit-elle, reste enfermée dans ce qui a déjà été fait. Et quand on regarde le passé récent de l’industrie, difficile de lui donner tort.

Créer, c’est devancer, et ça, l’IA ne sait pas faire !

Quand PUBG est arrivé en 2017, il n’existait rien de comparable. Son concept de battle royale, encore brut, improvisé, a capté quelque chose de nouveau. Une énergie que Fortnite a su amplifier, en pivotant avec audace vers ce format. C’était le début d’un raz-de-marée — non pas parce que des datas l’avaient prédit, mais parce qu’un créatif, quelque part, avait osé tenter autre chose. Même logique avec Balatro, ovni indé de 2024, qui mêle poker, roguelike et esthétique rétro.

Là où une IA peut extrapoler des tendances, elle ne peut pas créer le moment. Elle ne peut pas ressentir une époque, ni la devancer. Elle ne peut pas injecter de vécu, de doute, de colère ou de passion dans une œuvre. Elle ne fait qu’assembler, sans jamais transformer.

Comme ces filtres IA qui transforment vos selfies en planche Ghibli : jolis, oui. Originaux ? Pas vraiment. Tout ce qui les rend intéressants vient de vous, de votre image, et de l’univers d’un studio déjà existant. L’IA, elle, ne fait que mixer.

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